Émeutes de Kaédi : L’expression d’un ras-le-bol selon l’AJD/MR

Publié le par Camara Mamady

    sarr-ibrahima-ajd_1.jpgL’AJD/MR s’est prononcée, mercredi 10 juillet courant, sur les émeutes survenues dans la ville de Kaédi.Son président Ibrahima Moctar Sarr et ses compagnons hommes politiques ont déploré qu’un infime incident capable d’être tranché dans les couloirs de la justice, comme des dizaines d’autres qui se produisent quotidiennes puisse prendre des proportions aussi amplifiées pour bousculer le climat paisible de toute une ville.


«Un incident banal, entre deux citoyens, aurait pu se circonscrire à un tribunal de simple police pour autant que l’équité et le droit soient respectés. Les événements, qui se sont déroulés (qui se déroulent maintenant à Kaédi, ndrl) ces jours-ci à Kaédi, rappellent ceux qui avaient secoué cette région et même la capitale Nouakchott à propos de l’enrôlement» souligne ce parti.

Des incidents qui dissimilent un ras-le-bol


Et les compagnons politiques de Sarr de marteler «Ces épiphénomènes constituent à n’en pas douter des signaux de ras-le-bol que les populations négro-africaines envoient très souvent et qui ne sont pas jamais correctement décryptés par le pouvoir et la classe politique. N’importe quel incident minime soit-il, prend immédiatement un caractère de confrontation ethnique dans la mesure où l’impunité étant érigée en règle, les populations humiliées n’attendent plus rien du pouvoir et cherchent à se faire justice elles-mêmes. Les drames sociaux qui se sont produits récemment à Akjoujt et Zouérate bien que graves et condamnables, ne peuvent pas revêtir ce caractère de confrontation interethnique mais une action dirigée contre le pouvoir et ses représentants. A Kaédi, on se rappelle plutôt le génocide perpétré par le régime de Maâouiya contre les négro-africains et qui reste ce jour impuni ; les coupables sont parfois aux commandes de l’Etat, protégés par la loi d’amnistie de 1993. A Kaédi, on se souvient que l’un des plus grands dignitaires de la ville, Téné Youssouf Guèye, lâchement abandonné à une mort indigne de son rang, n’est toujours pas réhabiliter par les différents pouvoirs qui se sont succédé, lui comme ses compagnons d’infortune. L’insulte faite à Néné Dégué, une femme faible et sans défense par quelqu’un qui fait partie d’une communauté ayant érigé le respect et la protection de la femme au rang de vertu, est une preuve qu’il existe bien dans ce pays, des citoyens à part entière et des citoyens de seconde zone qui n’ont droit à aucun respect, aucune considération. Le meurtre de Lamine Mangane, pour avoir été classé sans suite, est de cet ordre-là». En effet, le bureau politique de l’AJD/MR a exigé la libération immédiate de tous les détenus et en particulier M. Gando Dia qui n’a fait qu’user de sa liberté d’expression en adressant récemment une lettre ouverte au président de la République.

Camara Mamady

Le Rénovateur Quotidien 

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