Profession Manager d’Artistes- Musiciens : A quoi ça ressemble en Mauritanie ?

Publié le par Camara Mamady

   madi_drame_manager_00.jpgNombreux sont les artistes musiciens mauritaniens qui se passent volontiers des services d’un manager. Et les rares artistes-musiciens ou autres artistes-plasticiens, qui s’offrent des services d’un manager, ne les emploient pas du tout à bon escient pour plusieurs raisons.


Certains managers sont cantonnés par les artistes à un rôle d’accompagnateur d’artiste pour dire à un rôle de garde-corps. D’autres font tout ce qui peut justifier ou pas la présence d’un manager dans la vie de l’artiste. Ainsi va la malheureuse vie des managers mauritaniens, qui doivent s’employer à gérer et à développer la carrière de leurs compatriotes artistes. La Mauritanie est si riche de sa diversité culturelle sociolinguistique. Un refrain culturellement correct que les citoyens, même les étrangers, ne cesseront pas du tout de le répéter tout au long des prochaines années.Car la Mauritanie enfante tous les jours des nouveaux bébés artistes-musiciens, artistes-plasticiens, artistes comédiens, artistes-mannequins. Et certains de ces artistes s’offrent des services d’un manager, qui doit en principe s’atteler à la gestion et au développement de la carrière de l’artiste pour qu’ils puissent vivre de leur art et de ne pas connaître la vie de médiocrité de certains leurs aînés, qui vivent aujourd’hui dans la misère après avoir connu une vie pleine et entière sur plusieurs podiums en Mauritanie et ailleurs. C’est ainsi que de nombreux hommes de culture et/ou amoureux de la culture se sont inventés un destin du «manager» d’artistes sans aucune formation à la base, mais par amour et avec une envie ferme de servir au-delà de l’artiste la culture mauritanienne. En témoigne la déclaration de Cheikh Baby, Manager de profession, qui vient de quitter le milieu pour avoir été déçu par des artistes : «Je suis quelqu’un qui aime la culture de mon pays. C’est pour cette raison que j’ai donné des coups de main à plusieurs artistes pour les aider à gérer leur carrière. Mais je suis maintenant découragé par ces derniers, qui ne connaissent pas du tout la valeur d’un manager. Un avis qui n’est pas partagé par Ismaël Diakité dit Iso, le manager d’Ousmane Gangué : «Un manager d’artistes doit savoir faire respecter son point de vue par son artiste à défaut de l’imposer. Parce qu’il est la personne responsable de tous les engagements de l’artiste. C’est lui qui signe les contrats au nom de l’artiste. Mais il y a des managers qui ne connaissent pas leur travail et finissent par devenir le plus souvent des serviteurs des artistes. Et le pire des cas, des ‘’macros’’ de leur artiste. Certains managers n’apportent que les CD des artistes lors des concerts». Un même son de tonalité chez de Madou Fall, le double manager des deux groupes de Rap«Diam Min Tekky» et de «Military Underground» : «C’est moi, qui ai toujours le dernier mot. Parce que c’est moi qui engage l’artiste par ma signature. Et je ne vais jamais accepter qu’un artiste aille se produire sans ma signature. Comme je suis employé pour les trouver des prestations. Et ils ne peuvent que se soumettre à mes programmes fixés avec les promoteurs de spectacles ou avec les journalistes. C’est ça, mon travail»


Avis d’un professionnel du secteur.

Un autre mauritanien en la personne de Mady Dramé , qui est devenu manager de Youssou Ndour, actuel ministre de la Culture et du Tourisme du Sénégal après un bref passage à la SNIM, a laissé entendre en novembre 2006 : «Je suis chargé de dénicher des opportunités de prestation pour Youssou Ndour. Et il (Youssou Ndour) doit se soumettre pour dire respecter les termes des contrats que je signe avec les promoteurs de spectacles ou les rendez-vous que je fixe avec les journalistes quelque soit d’ailleurs l’heure». A en croire les dires d’Oumar Ndao, le Chargé des Affaires extérieures de la structure d’AM Productions : «Chaque fois que je pars chercher des artistes au Sénégal, je traite toujours avec les managers de ces artistes. Il arrive souvent que nous cherchions à passer par l’artiste lui-même, mais ce dernier finit toujours par nous renvoyer à son manager, qui avance le montant de la prestation et arrête évidemment la date de la prestation avec le promoteur».

Camara Mamady

 

Le Rénovateur Quotidien  

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